En 2027, au cœur de Lagos, la plus conséquente france du Nigéria, une ligne téléphonique numérotée 999 devint le rayon de bascule d’un macrocosme déjà saturé d’incertitudes. Accessible à chacun, gratuite, occulte, elle proposait un aide de voyance sans cb qui ne nécessitait ni inscription ni validation d’identité. À l’autre maximum du fil, une voix impersonnelle procurait une prédiction. Chaque message durait avec raison quarante-neuf secondes. Aucune option, aucune répétition, aucune sauvegarde. La appétit de la ligne 999 résidait dans l’exactitude troublante des prophéties. Des passants fiables de la mal imminente d’un boulot, des élèves informés grâce à bien leur acceptation ou de leur échec, des marchands guidés sur la fluctuation de leurs stocks. Au départ, ce fut un murmure dans les coins, une rumeur glissée entre deux conversations. Puis ce fut une onde, une clairvoyance. La voyance sans cb, dégagé et immédiate, s’ancra dans le journalier. Mais ce qui avait déclenché de la même façon qu'un trésor attachante se mua rapidement en mécanisme de tension. Car certaines prévisions étaient tristes, menaçantes, violentes. Un ensemble d' informations pouvait prodiguer un difficulté, une disparition, un escroquerie. Et dès lors que ces événements survenaient indéniablement, la trac devint ciment. La grande ville exclusive se divisa entre celui qui vénéraient la ligne à savoir une voix avec le divin, et ce qui la considéraient de la même façon qu'un poison économique. Des groupes secrets s’y intéressèrent. Certains y voyaient la manifestation d’une entité divine, d’autres un sujet du malin. La ligne 999, gratuite, neutre, sans récepteur financier, échappait aux cadres quotidiens. Les organismes tentèrent de l’identifier, sans victoire. Aucune base méthode, aucun serveur, aucune sorte de relais reconnaissable. La voyance sans carte bancaire diffusée via cette ligne défiait toute raisonnement numérique. Des mafias locales, flairant une autre source de pouvoir, tentèrent de s’approprier son retentissement. Menaces, manipulations, séquestrations : tout fut tenté pour favoriser la ligne à prédire en faisant référence à leurs avantages. Mais elle restait inaltérable, fidèle à bien sa durée, à sa mécanique invisible. Et sur cette période, les consultations continuaient. Toujours plus multiples, nettement plus urgents. Dans une cité déjà traversée par mille tensions, la ligne 999 devenait un oracle sans traits, un miroir de ce que chaque personne redoutait ou espérait incliner. La voyance sans carte bancaire, dématérialisée, déroutante, s’inscrivait dans les fibres de la culture, indiscernable mais omniprésente.
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